Les “territoires zéro chômeur de longue durée” expérimentés dès janvier

C’est la nouvelle arme anti-chômage du gouvernement. Dix territoires vont commencer à expérimenter un dispositif visant à embaucher – en CDI payé au moins au Smic – des personnes sans emploi depuis plus d’un an. Ils intégreront des entreprises de l’économie sociale et solidaire financées par l’État et les collectivités. Près de 2.000 emplois ont déjà été identifiés.

Les premiers contrats d’embauche du dispositif “territoires zéro chômeur” devraient être signés en janvier

Les premiers contrats en CDI devraient être signés en janvier, a annoncé lundi 5 décembre le fonds d’expérimentation, présidé par Louis Gallois et doté par l’État d’une enveloppe de 14,9 millions d’euros. Ce fonds va signer “dans les jours qui viennent” des conventions avec chacun de ces territoires afin qu’ils puissent bénéficier des financements, ouvrir des “entreprises à but d’emploi (EBE)” et commencer à recruter, a expliqué lors d’une conférence de presse son directeur, Patrick Valentin.

UNE EXPÉRIMENTATION SUR CINQ ANS

Dix territoires ont été retenus fin novembre par le gouvernement pour mener une expérimentation pendant cinq ans. Elle prévoit d’embaucher localement des personnes sans emploi depuis plus d’un an, sur des activités “utiles”. Ces emplois “manquants” – payés au moins au Smic et dans la limite de 113% du salaire minimum (1.657 euros brut par mois) – financés en partie par la réaffectation des coûts liés à la privation durable d’emploi (RSA, CMU, etc.)

Les territoires ruraux et urbains retenus comptent entre 5.000 et 10.000 habitants : Colombelles (Calvados), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle), Jouques (Bouches-du-Rhône), Mauléon (Deux-Sèvres), la Métropole de Lille, le communauté de communes Nièvre et Forêt (Nièvre), le XIIIe arrondissement de Paris, Pipriac (Ille-et-Vilaine), Thiers (Puy-de-Dôme) et Villeurbanne quartier Saint-Jean (Rhône). Au total, 42 territoires s’étaient portés candidats.

TRAVAUX D’ENTRETIEN, SERVICE DE PROXIMITÉ…

Dans ces territoires, certaines activités ont déjà été identifiées, pour une capacité totale d’environ 2.000 personnes. Les emplois, à “temps choisi”, seront crées en fonction des envies et capacités de ces chômeurs : travaux d’entretien dans les immeubles, soutien scolaire, services de proximité divers (portage de courses, médiation), travaux de débroussaillage, commerces ambulants, revalorisation de sites touristiques…

Ils ne devront “ni faire de la concurrence, ni créer un effet d’aubaine, mais se glisser dans des niches afin de se placer dans le tissu économique sans le dégrader”, a détaillé Patrick Valentin. Le comité de pilotage du projet a par exemple identifié une filière de valorisation du petit bois non exploitée et qui pourrait devenir rentable. Le seul écueil à éviter, c’est de prendre le travail de quelqu’un : “C’est une vigilance qui doit être absolue”, a expliqué à France Info Isabelle Loss, élue d’une des zones expérimentatrices, celle de Jouques dans les Bouches-du-Rhône. “Il faut s’assurer qu’on ne vient pas piquer le travail d’un auto-entrepreneur ou d’une structure”.

Les près de 15 millions d’euros dont dispose le fonds, et que la ministre du Travail Myriam El Khomri a souhaité inscrire dans le budget 2017, seront attribués “en fonction du nombre d’emplois créés”, a-t-on précisé au ministère du travail. Au “fil des années” pourront s’y ajouter des financements et recettes complémentaires, selon Patrick Valentin : “pendant cinq ans, nous allons calculer combien coûte l’expérimentation et combien ça rapporte à la collectivité”. La loi “Territoires zéro chômeur de longue durée” avait été votée à l’unanimité au printemps 2015 à l’Assemblée et au Sénat.

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